3 questions à Daniel Ramakichenane, Partner de Wingate, conseil financier et opérationnel

26 fév 2015 à 15h50 par Support Publicis Webformance
Nous avons développé un focus sur deux métiers : le M&A « classique » pour les smid cap, et le conseil en restructuring.
Plusieurs entreprises ont dû restructurer leurs dettes ces derniers mois, comme Vivarte, Joa ou Alma Consulting. En quoi pouvez vous aider les entreprises
confrontées ce type de problématiques ?


Wingate est un jeune acteur du restructuring fondé il y a moins de quatre ans. Nous avons développé un focus sur deux métiers : le M&A « classique » pour les smid cap, et le conseil en restructuring. Nous sommes à présent à même de faire la jonction entre nos deux métiers et pouvons aller chercher un investisseur pour entrer au capital d'une entreprise en restructuration. Nous sommes expert comptable et commissaire aux comptes de formation, et nous réalisons donc des Independant Business Reviews, mais pas uniquement : nous allons au-delà du recueil des différentes informations financières qui seront à inclure dans une offre de reprise, nous préconisons en outre des actions stratégiques et des réorganisations. Nous avons notamment accompagné le groupe Monceau Fleurs dans sa reprise par Perceva. L'entreprise avait déjà vécu une restructuration en 2012 avec un étalement de sa dette, mais qui s'est révélée insuffisante. Nous avons donc accompagné en 2013 la conversion en capital de dettes financières après leur rachat sur le marché. Perceva est ensuite entré au tour de table. Nous avons enfin préconisé la vente de la centrale d'achat de fleurs acquise précédemment dans une logique d'intégration verticale, mais qui a déséquilibré les finances de la société.

Quelles bonnes pratiques recommandez vous pour les entreprises en difficulté ?

Nous intervenons le plus souvent aux côtés de l'entreprise et du dirigeant, et privilégions le cadre confidentiel des procédures amiables pour abîmer le moins possible la valeur de l'entreprise. Nous estimons qu'attendre une procédure de sauvegarde ou un redressement judiciaire est trop préjudiciable à la pérennité de la société. De plus, le traitement proposé doit toujours rester convenable pour le dirigeant, pour qui il est souvent difficile de lâcher prise et laisser la gestion à un nouvel entrant. Ensuite, des mesures doivent être entérinées rapidement, car surtout en small et mid cap, car les difficultés s'amoncellent très vite.

Quelle nouveautés en restructuring avez vous vu émerger ces dernier temps?

Une partie importante de ce métier consiste à traiter les dettes fiscales et sociales. Nous avons ainsi pu tisser de bons rapports avec le CIRI et les CCSF. Cependant, ces derniers temps, nous avons remarqué que les négociations avec ces organismes sont plus tendues, et que là où nous obtenions 36 mois d'étalement de la dette, cela descend maintenant plus à 24 mois, voir 18 quand il n'y a pas de nouvel investisseur. Des garanties supplémentaires doivent aussi être apportées. Par ailleurs, nous voyons d'un bon oeil l'émergence de l'unitranche. Cet outil peut se révéler très intéressant dans le monde du restructuring, il permet de se refinancer de façon rapide et de dégager de la trésorerie pour l'entreprise. Enfin, nous constatons que certains investisseurs financiers deviennent décomplexés envers le recours aux fonds de retournement quand les difficultés s'accumulent sur une de leurs entreprises en portefeuille. Nous pensons que ce recours doit se généraliser, car il apporte une solution discrète. Au lieu de tout perdre, certains mécanismes de retour à bonne fortune peuvent jouer en cas de retournement réussi.