Un diagnostic pour les entreprises en difficulté

18 oct 2013 à 17h26 par Support Publicis Webformance
De juin 2012 à juin 2013, plus de 61 000 entreprises en France ont déposé le bilan. Les dernières statistiques publiées par la Banque de France ne sont guère encourageantes. « Même si les premiers signaux de reprise économique semblent se confirmer, les entreprises et plus particulièrement les PME-TPE continuent de souffrir fortement de la crise », exprime Julien Tokarz, président de l'ordre des experts-comptables Paris Ilede- France. Rien que dans la région, 719 liquidations judiciaires ont été prononcées en août, soit 57 de plus qu'en 2012.

« ll existe des solutions »
« Les chutes peuvent être très rapides. Il suffit que ses commandes baissent de moitié sur trois mois pour qu'une entreprise soit mise en sérieuse difficulté », avertit Julien Tokarz, pour qui « les dirigeants n'ont pas toujours conscience de l'urgence ni de la gravité de la situation. Or, plus ils réagissent précocement, plus ils ont de chance de s'en sortir ». Dans cette optique, l'ordre francilien vient de lancer un site Internet destiné à prévenir et à accompagner les entreprises en difficulté : www.sosgestiondecrise.com. Un outil didactique conçu pour que les experts- comptables sensibilisent leurs clients aux points à surveiller et aux mesures à prendre pour éviter la fermeture.

« Mandat ad hoc, conciliation, procédures d'observation (sauvegarde et redressement) qui permettent de rééchelonner les dettes, de renégocier les emprunts ou les délais de paiement, il existe des solutions », rappelle Julien Tokarz, dont l'objectif est d'inciter les dirigeants à contacter « leurs principaux conseillers et supports » dès les premiers signes de faiblesse.

En complément du site, ouvert à tous sur l'ensemble du territoire, l'ordre francilien a formule des propositions aux ministères du Redressement productif et de la Justice. Parmi elles : le préfinancement des plans de sauvegarde par les assurances de garantie des salaires (ACS). Car la réduction d'effectif est aussi un moyen d'éviter les deux issues fatales de l'entreprise en difficulté : la procédure collective, dans le meilleur des cas, ou la liquidation judiciaire, au pire.

CHARLOTTE ROBINET
 
« Lorsqu'il fait face à des difficultés, le chef d'entreprise est souvent dans le déni de réalité et a tendance à se ranger à la loi du demain sera meilleur. Or, la gestion de crise est comme un entonnoir : plus on s'y prend tard, plus les problèmes s'accumulent et moins l'éventail des possibles est large. Donc, dès les premiers signaux, s'il a du mal à payer sa TVA, ses loyers ou ses fournisseurs, il ne doit pas hésiter à aller voir son expert-comptable et à demander à faire un diagnostic avec lui. Sur le site SOSgestiondecrise, ils peuvent répondre ensemble et de façon anonyme à quatre séries de questions très simples : ses comptes bancaires sont-ils débiteurs ou créditeurs ? Et les banquiers ont-ils dénoncé leurs concours ? Les cotisations sociales et les impôts sont-ils à jour ? L'activité est-elle en recul ? Puis, en fonction des réponses, de la gravité de la situation et de la nature de la dette, un éventail de solutions et de contacts est proposé : commission des chefs de services financiers (CCSF), mandat ad hoc, médiation du crédit, sauvegarde... En cas de cessation de paiement depuis moins de 45 jours, par exemple, l'entreprise est éligible à une procédure de conciliation qui lui permettra d'éviter la procédure collective. Cet outil très pratique et entièrement gratuit fournit aussi des modèles de rapports destinés aux tribunaux de commerce, aux administrateurs judiciaires ou encore à la CCSF. Il est valable pour tous les types d'entreprises, des professions libérales aux grands groupes. »