Nos dirigeants miraculés de la faillite vont avoir le droit à l’oubli, bravo Fleur Pellerin

06 mai 2013 à 09h05 par - Webmaster
 LE CERCLE. par Stéphane Cohen - Alors qu’en France, nos gouvernements successifs n’ont cessé de vouloir développer la création d’entreprise en vantant les mérites de l’entreprenariat, les miraculés de la faillite, ceux qui sont revenus de l’enfer, restaient trop longtemps marqués au fer rouge après avoir été atteint psychologiquement par un process d’auto destruction.
Tout d’abord quand la réalité économique du monde en crise vient s’abattre sur le destin de notre chef d’entreprise, et que la procédure « collective » se met en œuvre, le statut de notre champion de la création d’entreprise passe de celui d’entrepreneur à celui de « débiteur » qui a « déposé le bilan ». C’est ainsi que désormais, il est pointé du doigt dans ses relations avec autrui !

On dit de lui qu’il a déposé le bilan !! et la Banque de France lui attribuait une nouvelle note, celle des cancres, 040, et pour ceux qui ne s’en sortait pas cette notation devenant 060. Autrement dit, le client chéri de nos banquiers devenait tout d’un coup, celui qu’il ne faut plus fréquenter.

A cette punition, s’ajoute également pour son entreprise un second marquage, celui de son kbis qui est agrémenté de quelques pages complémentaires réservées uniquement aux mentions d’office relatives à la procédure collective.

En quelques jours, la spirale infernale de la destruction de l’estime de soi passe en mode accéléré, s’accompagnant par des pensées dysfonctionnelles à la foi erronées sur soi (je ne vaux rien), sur son environnement (ce monde est pourri, les gens sont mauvais), sur l’avenir (rien ne s’améliorera jamais, c’est sans espoir).

C’est ainsi que la règle des 3 D (Dépôts, Dépression, Divorce) est consacrée.

Mais voilà après des années de lobbying par l’Ordre des Experts Comptables ou encore par des association de chefs d’entreprises comme Re Créer, dirigée aujourd’hui, par Christian de Baecque, précédent Président du Tribunal de commerce de Paris, Madame le Ministre des PME, Fleur Pellerin a eu le courage d’annoncer la fin de la notation Banque de France des dirigeants considérant qu’un dirigeant peut rebondir après avoir connu une avarie en mer.

Bravo, Madame le Ministre d’avoir compris l’enjeu que peut représenter pour la France la qualité de ces dirigeants qui vont pouvoir trouver des financements pour re-créer des entreprises et des emplois, après avoir été renforcés par l’expérience de la gestion de crise. 

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